D'où viens-je ? Pince à linge roulez méninges

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… On ne devient un Homme de l’Art qu’après avoir été « homo-praticien »,
c’est à-dire, après avoir expérimenté l’homme, la vie de l’homme,
dans un maximum de configurations possibles. Et ce fil d’expériences, d’expérimentations volontaires,
aura dû porter non seulement sur la diversité des situations réelles,
mais sur tout un éventail de situations déviantes, ou même tout simplement possibles…


La matière ainsi constituée au fil des années devenant le sédiment, la glaise, le marbre, le métal… Le matériau à partir duquel ce à quoi l’on se prédestinait peut commencer à prendre forme. En ce sens ma vie s’apparente à une quête. On l’aura compris, plus qu’un artiste, j’ambitionne d’être un jour Homme de l’Art, c’est-à-dire un homme complet, qui même de la folie n’aura pas fait l’économie.

ENFANT
je formulais un rêve devant les grands. Ce fut à la fois ma chance et ma condamnation. Enfant, je n’avais qu’un but dans la vie : peindre, écrire, créer, chercher... Vivre ! Mal me prit d’en parler, car depuis lors je fus comme un gaucher contrarié. Ce désir farouche, coûte que coûte, est à la source de ma survie et de la plupart des répressions auxquelles je fus soumis, depuis l’origine ; car ce désir barré par les adultes me fit entrer en rébellion.

MON ENFANCE

ce fut comme un mauvais songe. Elle m’a laissé un trou béant dans le citron, un tunnel, un puits sans fond. Voilà ce que furent mes années d’enfance, du soufre, du salpêtre, rarement de la barbe à papa. Pendant longtemps, j’ai cru que tout ceci était normal, “je m’ai cru anormal”. Je vivais comme un rat de laboratoire, prisonnier d’un bocal aux parois glissantes. Un bocal, fermé par un grillage, avec une pierre posée dessus. L’eau montait, montait, j’étais dedans. Cette image me viendrait-elle à l’esprit parce que mon beau-père me noyait à moitié, lorsqu’il était en colère ?! Je suffoquais, suffoquais… Il faut dire qu’il était fier d’avoir fait l’Algérie.

Enfant fauve, j’avais au ventre
la rage du tigre et les yeux bleus
d’un chérubin qui ne laisse

rien sortir.

AUX PORTES DE L'ADOLESCENCE
rentrant à la maison après le boulot, il n’était pas rare de retrouver dans ma chambre mes toiles fraîches faces contre sol, ainsi que des tubes de peinture écrabouillés par terre. C’était plus fort qu’elle, il fallait régulièrement qu’elle détruise tout ce à quoi je tenais : mon travail, mes affaires, allant même jusqu’à tuer mes animaux de compagnie. Pourtant, c’est bien ma mère qui me transmit cette passion pour le dessin, la peinture, la vie, la mort. Elle était possédée, m’incluant dans ses rites sacrificiels ; rites par lesquels il arrivait que mon sang coulât. J’étais le fils qu’elle faillit un jour égorger, au cours d’une de ses transes où elle me enait la tête au-dessus d’un évier, brandissant sous mon nez un couteau à désosser. Heureusement que ma petite soeur était là pour la tirer par le tablier. Ma mère était possédée par des démons  qui lui croquaient la tête comme on croque une pomme jusqu’au trognon.


ADOLESCENT

dans les rues, sous les porches, en prison, la piquouse… Je m’imposais de lire chaque jour qui passait, même complètement ivre, tout en m’accrochant à ce désir de créer comme on expire, pour reprendre son souffle entre deux apnées. Nomade, ce désir farouche prit pied dans des carnets qui jamais ne me quittaient. Ces carnets de Petit Poucet, au plus fort de mon hiver nucléaire, m’ont permis de toujours garder le fil auquel j’ai suspendu mon esprit pour survivre. Repères, balises, bornes, point de mire en perspective, cailloux semés sur les sentiers arborés de ma psyché déjantée, mes carnets de Petit Poucet furent aussi des fenêtres taillées dans le ciel de ma nuit, à coups de canif. Des fenêtres, qui toujours m’ont permis d’échapper aux sorts qu’on me voulait, le meilleur comme le pire, sans vraiment me demander mon avis.

Insolent comme je l’étais,

non seulement je voulais vivre,
mais je voulais vivre libre, quitte à mourir.
Je voulais être l’auteur de ma vie,
et non un spectateur passif qui n’a pas son mot à dire.
Au piquet !


AU SORTIR DE L'ADOLESCENCE

bien qu’immergé dans l’univers de la création artistique : le théâtre, les arts plastiques, les lettres… et malgré des portes qui s’ouvraient, je décidai de renoncer. Il me fallait d’abord renaître de mes cendres. Un leitmotiv : transformer le plomb de mon passé en or pour les futurs à explorer. Dès lors, je me donnai quinze ans pour parcourir le maximum de classes de la société, m’inscrivant résolument dans les pas d’Henri de Saint-Simon, que je découvrais alors que j’entrais à l’université par la cheminée.

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...I
l faut se placer personnellement dans le plus grand nombre de positions sociales différentes, et même créer, pour les autres et pour lui, des relations qui n’aient point existé. Je dis que mes actions ne doivent pas êtres jugées d’après les mêmes principes que celles du commun des hommes parce que ma vie, jusqu’à ce jour, n’a été qu’un cours d’expérimentations.
Ce à quoi je m'appliquais avec assiduité
pendant plus de quinze ans, comme on se10.ado.punk.jpg
plie à une discipline de fer, remplissant des

carnets à côté, publiant par-ci par-là ou
exposant quelques trucs quand cela se
présentait – pour garder le fil et mettre du
baume sur ma frustration. Pour le reste, je n’ai

pas lésiné. Il y eut aussi des spectacles,
l’organisation de soirées, de manifestations et
la création (en région parisienne) d’espaces
de culture dans la cité, pluridisciplinaires,
expérimentaux, largement inspirés des écrits
de Francis Janson - qui me fit l’honneur de
bien vouloir me rencontrer.

ARRIVÉ À L'AGE ADULTE (45 ANS)

J'étais prêt à m’atteler enfin à ce qui me tenait, me tannait – trépignais.  J'étais prêt à presser les fruits de l’arbre cultivé jalousement. Le temps était venue pour moi d’extraire mon jus et de voir ce qu’il en sortirait. Le moment était arrivé de renoncer une nouvelle fois, pour m’avancer, les pieds nus, sur le fil d’un rasoir à main. Le moment était venu de trancher sans se couper.
Fou, mais pas taré.

Profil

Présentation générale


Réalisation Céline Hecquet

Publications

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 LE-MOULLEC-Raison-de-la-col--re.JPG                     

De la peinture au...


Réalisation Bertrand Normand

collages, à l'écriture et...



Réalisation Bertrand Normand

l'action poémique


Réalisation Bertrand Normand

Qu'est devenu ce fameux costume orange ?

En fait je l'ai gardé, découvrant au fur et à mesure

que la colombe de la Maison Blanche n'était en fait

qu'un corbeaux comme les autres.

Guantanamo est toujours ouvert alors que le sang

coule toujours autant en Afghanistan, en Irak, en Palestine...

La liste est longue. Quant au drapeau américain, associé au

costume de bagnard, il symbolise la crise financière venue des

États Unis d'Amérique qui tue aussi surement que les bombes.

Tribulations d'un bagnard


Réalisation Bertrand Normand

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