Florence (Italie) : planeau de signalisation habité par un artiste de rue - Mai 2011
Incognito en Terra Incognita - ou de Paul Cézanne aux journées de
l’Arbois
Le Hasard voulu que j’assiste, il y a quelques jours déjà, à la première des deux
journées organisées par le Technopôle de l’environnement (Arbois – Méditerranée). Elle se tenait à l’Université Paul Cézanne (Aix-en-Provence). Au
programme de ce colloque, de ces tables rondes, l’enjeu de la survivance humaine, exprimé en ces termes :
Nourrir le monde de demain
Avec quel climat, quelle agriculture, quelle alimentation ?
J’y étais en tant qu’auditeur, libre de tout intérêt catégoriel, les prismes de mon esprit ouverts à leur maximum, béants, tel le
diaphragme d’une chambre noire prête à capter la lumière – toute la lumière – rien que la lumière. Et des lumières il y en eut pour éclairer le sujet. Des lumières de savants, d’Hommes éclairés
qui se sont succédés la journée entière derrière le micro, pour nous en dire long sur ce qui nous attend - vraiment. Si… (En clair et/ou entre les
lignes.)
BIGRE !
- Ça fout les j’tons. (S’il est permis de s’exprimer ainsi dans un amphi tout ouïe.)
À mesure qu’apparaissait le monde en pente - (qui n’a plus rien de douce) - par
touches, au fil des interventions, l’addition s’allongeait dans des proportions qui ne donnaient pas cher de notre peau. Atmosphère, glaces, eaux douce et océane, terres arables, espèces,
populations, pollutions, catastrophes naturelles et humaines - en cascades…
BREF…
Au train où vont les choses, nous ne serions pas sortis de l’auberge, d’autant que l’homme ne peut s’empêcher d’en rajouter une louche à
chaque seconde qui passe. À ce niveau, ce n’est plus seulement un sale môme. C’est autre chose. C’est du moins ce qui se disait, ou qui apparaissait en filigrane dans les explications orales,
ainsi qu’à l’écran, sur des diagrammes et des schémas pointés au rayon laser - rouge.
- Il n’y aurait donc plus rien à faire ? demande un passant qui cherche les toilettes.
- Si ! lui répond en substance l’Homme éclairé sur l’estrade. S’assoir – cinq minutes – pas plus. Le temps de recouvrer
nos Esprits. Et de réajuster notre État d’esprit.
Et de poursuivre non sans humour, humble comme un roc en son tréfonds :
- La banquise, le blizzard, le froid, inouï, inuites - et la glace - infinie, à livre ouvert jusqu’aux origines… Soit ! J’y ai
passé le plus clair de ma vie et pas mal de nuits aussi, transit, jusqu’à la moelle épinière. Les anecdotes ne manquent pas sur le sujet. Pour l’heure, voilà ce que j’ai lu dans cette glace, dans
ces Tables carottées à la nuit des temps. Ce que j’y ai lu, vu et entendu – et ce que j’en déduis aussi – voilà ce que je suis venu vous dire ici. Nous enfreignons tellement les lois qui
concourent à notre existence même, en tant qu’espèce, qu’il est venu le temps, là, tout de suite, de se ressaisir. Je ne parle ici ni de demain, ni même de tout à l’heure, je parle de cette heure
ci, de cette seconde précise où nous nous trouvons réunis en ce moment.
Tout était dit, dès la première intervention qui suivit les discours officiels. Le
diagnostic était posé, la solution énoncée. En germe. L’Homme éclairé qui venait de parler était non seulement un éminent scientifique, un homme de savoir, mais également un
« connaissant », entier, buriné de s’être frotté sa vie durant à la puissance fulgurante des grands éléments - ceux avec lesquels tu paies cash tous tes actes. Je ne connaissais pas cet
Homme éclairé, Claude Lorius, qui toute sa vie respira au présent l’air des temps anciens. L’air prisonnier de la calotte glaciaire,
y compris celui respiré par Adam et Ève. C’est dire… C’est dire s’il en a respiré des ères, et même, but de leur eau, sous forme de whisky glace.
On parle de huit cent mille années en arrière tout de même !
«Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens
pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme.» explique-t-il,
triste.
N’y aurait-il plus alors qu’à espérer qu’une une grande catastrophe nous saisisse
assez pour nous sauver de notre folie ? Déjà, dans son discours d’accueil, Marc Pena (Président de l’Université Paul Cézanne) ne laissait-il pas
percevoir une pointe d’inquiétude ?
« À chaque fois, la nature, comme on le dit, reprend le dessus, mais au prix de tant de difficultés que nous ne pouvons pas ne pas
être inquiets.»
Rejoint par Alexandre Médvédowsky (Président du Technopôle de l’environnement), qui ajoutait dans son allocution d’ouverture :
« La terre et ses richesses sont des biens communs avec lesquels on doit composer pour ne pas franchir des seuils critiques,
au-delà desquels tout devient irréversible. Là où même la science sera impuissante. »
Et ce, juste avant que Claude Lorius n’enchaîne sur un enchaînement d’évènements et d’observations saines, siennes, qui le conduisent
aujourd’hui à lever les yeux au ciel.
création graphique, Nicolas Voisin
BIGRE !
Et ne voilà-t-il pas qu’il nous est révélé que certains de ces processus
irréversibles sont dès à présent enclenchés ; et que par conséquent il y a de quoi s’inquiéter, non seulement pour notre « à-venir » proche, mais aussi pour notre devenir tout
court.
Vu comme ça, dès le matin…
Et de s’apercevoir que du café croissant pour tous, nous sommes passés à tout autre
chose. À quelque chose de bien plus vaste, de bien plus englobant, qui fiche le vertige. Car c’est le problème de la clé de voûte qui est soulevé ici – ni plus, ni moins. Du filet qui se déchire,
partout, de toute part, jusque dans les petites classes d’écoles ; où le hasard me conduisit dès le lendemain de cette journée fatidique, qui, d’un seul coup, avait mis ou remis en place les
pièces d’un puzzle éparpillées dans mon esprit.
Bigre !
Quoi leur dire à ces mioches,
agités comme des souris et des éléphanteaux avant le grand Tsunami ?
L’avons-nous déjà oublié ?!
Là où les éléphants et les petites souris avaient déjà pressenti l’imminence du grand
Tsunami, (celui de 2004), l’espèce humaine n’avait pas encore entrepris de pendre sa serviette de plage à son cou, qu’elle était balayée comme de la vulgaire poussière.
Pschiiit !
Deux cent quatre-vingt mille âmes passées à la machine à laver et par pertes et profits – là – sous les yeux ébahis des éléphants et des
souris réfugiés sur les collines ; éclairés qu’ils furent, sans le moindre recours à un quelconque instrument sophistiqué.
Ni balise, ni satellite, ni oscilloscope…
Il fut un temps où l’homme était capable lui aussi de lire les signes, et de faire la
part entre les présages qui se présentaient à lui. Il ne disposait pour cela que de son intuition, de son instinct et de son sens de l’observation. Puis il s’équipa d’instruments, toujours plus
nombreux, qui lui permirent un temps de se croire beaucoup plus intelligent, beaucoup plus fort, au point de négliger les signes avant-coureurs. Trop occuper sans doute à lancer dans l’espace une
casserole de camping en aluminium, sur laquelle il s’est représenté, nu avec une femme (plus petite que lui), annonçant sa venue salvatrice à l’univers tout entier, par-delà notre galaxie – mais
si ! Et nous voilà bien démunis quelques années plus tard, comme des singes en hiver qui auraient perdu la clé du zoo qu’ils ont construit ; prisonniers des barreaux de leurs cellules,
battues par les vents coupant du gros temps qui se forment au dessus de nos têtes, comme une épée de Damoclès.
Un temps tu vis, « un temps péris »…
Voulant nous libérer des contraintes qui déterminent notre existence même, nous
n’avons rien trouvé mieux que de démolir les murs de soutènement de la bâtisse qui nous abritait, élevant des murs sans fondement autour de nous, avec les pierres prélevées sur les fondations de
l’édifice. Des murs bien plus épais encore que les limites vitales, nécessaires, propices à l’apparition et au maintien de notre état de Fête sur cette Planète. Un état de fait qui devrait être
une fête tout au long de la vie, du seul fait qu’il nous ait été permis de prendre pieds sur cette Planète, ce vaisseau, et alors même que le commencement pouvait rendre improbable un tel projet.
Pauvres fous ! Où avons-nous la tête ?
14 milliards d’années se sont écoulées depuis le Grand Boum !
Depuis le Big Boum à l’origine de tout !
Boumbadaboum…
BIG-BANG !
Une énergie fulgurante s’en suivit, donnant naissance à un processus dont la
« magie » voulut que nous en découlions. Environ dix milliards d’années après le grand coup de pétard, Fille du soleil, la Terre fut engendrée parmi ses frères et sœurs qui
constellent notre univers.
Matière,
gaz,
feu,
chahut sur la Planète Terre…
De cette Alchimie étrange, de ce combat de Titan, une atmosphère finit par se dégager
de la mailée, formant peu à peu une protection autour de la Planète, qui mit du bleu dans ses yeux pour scruter l’infini. Une protection, semblable à la membrane d’un utérus, à une moustiquaire,
une ombrelle, comme tendue au-dessus de sa courbe - par un pro Chevalier. (Mais oui les filles, c’est comme ça que ça s’est passé.) Acte dérisoire que cette ombrelle tendue vers le ciel,
mais au combien héroïque, érotique, face à la puissance des forces, des énergies, des éléments en présence ; et qu’il fallut bien apprivoiser. Pour avoir composées avec les éléments, Planète
et Ombrelle unies dans la persévérance permirent ainsi, « cahin-caha », l’apparition d’un cadre de vie, dont il est dit qu’il fût ensemencé par l’Univers lui-même. Un cadre de vie qui
par un lent processus devint propice aux floraisons de la Vie.
Et Elle mit plus d’une fois le genou à terre - la Vie - avant que n’apparaisse l’Homme à son tour. Rien ne manquait. Tout y était pour
l’accueillir. Pour accueillir cette Espèce Reine, et pour laquelle il aura fallu pas moins de cinq cents millions d’années d’études et de recherches appliquées, avant que d’aboutir au premier
prototype ; avant d’atteindre à cette perfection toujours perfectible, à condition qu’elle y mette du sien - et du soin aussi. Cette posture à elle seule ne devrait-elle pas suffire à cette
espèce entre toutes les espèces, pour susciter chaque matin en elle le désir de s’incliner ? Et sans rien demander de plus, recueillie au fond d’elle-même, devant ce « miracle »
inouï qui la fit, consciente du privilège qui lui est conféré – le vivre. (Autant offrir des perles aux cochons, diraient aujourd’hui nos Ancêtres.)
Et nous voilà prisonniers de nous-mêmes, encombrés d’outils obsolètes, insolites,
insolents, à l’heure même où l’Humanité est appelée à prendre sa destinée en main – bien nue devant les enjeux que cela implique - prisonniers que nous sommes de n’avoir pas compris que l’amour
de la liberté sans limites n’est qu’une illusion toxique.
- Il ne faudrait quand même pas oublier les sciences, les nanotechnologies, les techniques et le génie humain tout de même. Il suffit de
nous laisser faire ce que nous voulons, comme nous l’entendons. Et même si il y a quelques incidents, quelques accidents, quelques catastrophes, quelques cataclysmes, il ne faudrait pas charrier.
La terre en a vu d’autres. Lance en homme en costume, juché au premier rang de l'amphi.
Et de nous accabler d’innovations à la va-vite, de progrès tous azimuts, d’avancées à
toute berzing, sans qu’il ne soit jamais laissé le temps de réfléchir à quoi cela peut bien servir, à ce que cela implique. Quant à les digérer... Certes, il ne fait aucun doute que nous soyons
en capacité de construire tout un tas d’instruments et de machines, parmi lesquels bien d’autres Fukushimas, n’en doutons pas.
Mais à combien de Fukushimas avons-nous encore le droit ?
À combien de signes ?
Nous pourrons bien produire les plus beaux outils qui soient, les plus belles
inventions de tous les temps ; il en restera que tant que l’esprit de travers les utilisera de travers, tout ira de travers - cela va de soi. On aura beau innover en toute anarchie, rien ne
pourra empêcher notre déroute. Du moins tant que nous utiliserons notre « génie » à combattre - à détruire – la racine même de ce qui nous fonde et qui nous fait – fondamentalement. Les
vapeurs du Fruit de la connaissance nous seraient-elles à ce point tellement montées à la tête, que nous nous serions coupés de la réalité éternelle ? Réalité selon laquelle, nous sommes
Libres, mais à l’intérieur d’un cadre donné, en évolution constante, où au jeu du plus englobant bien des surprises peuvent nous êtres réservés – à tout instant.
Quant à la liberté absolument, sans la Science de la liberté, c’est comme de tendre des pistolets chargés à des enfants de deux ans
- dans la cours d’une crèche.
Voilà, me semble-t-il, ce que tentaient de nous dire les Hommes éclairés, venus nous
parler en cette journée ensoleillée. Des hommes qui nous expliquaient patiemment, parfois en s’excusant, qu’il nous était demandé instamment de nous ressaisir, de nous recentrer, car l’humanité
court à sa perte, rien de moins. De nous recentrer disais-je, à la manière des champions qui à l’écart se concentrent, se recueillent, se rassemblent, avant de s’élancer vers l’or. Cet état
d’esprit pouvant s’apparenter aussi à celui de ces navigateurs, partant à la découverte du nouveau monde, et qui, en chemin, ont à faire face à une avarie, alors même qu’une tempête se lève,
force 10 au doigt mouillé. Qu’il s’agisse de : Claude Lorius, d’Hervé Domenach, de Daniel Nahon, de Tony
Allan, de François Houllier ou
de Gilles Bœuf, tous ces intervenants avaient fait le déplacement
pour nous informer, (en clair et/ou entre les lignes), que l’Humanité tout entière était conviée à se lever, à se rsassembler, pour participer à la mise au monde du monde, à sa
recréation. Rien de plus, rien de moins. Ajoutant que pour la première fois (ou peut-être la dernière) l’humanité disposait des savoirs, des connaissances, des outils conceptuels et de richesses
immenses pour y réussir.
OUF !
Et plus qu’il n’en suffisait aussi, pour sombrer corps et biens du jour au lendemain
Mince !
Elle n’avait donc plus d’excuses cette Humanité, car Elle disposait de tous les moyens qu’elle avait voulus, des pouvoirs dont elle s’est
emparée, de la puissance dont elle s’est parée, hurlant à tue-tête jusqu’aux confins de l’Univers, qu’elle entendait bien se rendre maître de sa destinée, libre de n’en faire qu’à sa tête. Et
voilà qu’au pied du mur elle voudrait se défiler, se dérober et après moi le déluge, sous un prétexte fallacieux ?! Au prétexte que ce serait trop dur en définitive, exigeant que l’on
nettoie sans discuter les gravats de sa chambre dévastée.
Bigre !
Au point où nous semblons en êtres arrivés, nous pourrons fabriquer tous les films et les livres que nous voudront, convoquer tous les
Hommes éclairés que nous pourront, tant que nous n’aurons pas acquis cette connaissance intime que tout est clair (et que le Tout éclair), jamais nous ne parviendrons à danser sur les courbes vertigineuses que nous tendent les Savants. À
danser disais-je, tout comme les chamanes les plus illustres dansaient sur le rebord des falaises – les yeux fermés – confiants.
Des films et des livres qui à la pelle font fleurs ces derniers temps, mais qui au lieu de nous montrer le doigt devraient nous montrer le
ciel, afin de permettre au public, non pas de comprendre, mais de sentir, de pressentir, autrement dit d’être mis en état de faire l’Expérience de l’Unité. Une expérience dont on dit quelle élève
à la conscience et qui par le fait nous élèverait à un niveau de perception tel, que l’avenir ne serait plus un problème. Quant à l’intendance, elle suivrait d’elle-même, parce que tout
naturellement elle coulerait de Source.
Intuition ?!
Le troisième millénaire sera spirituel ou ne sera pas.
Prévenait en son temps André Malraux alors
qu’il écrivait cette phrase devenue célèbre. Un troisième millénaire ou la religion cèderait le pas à la religiosité, la morale à la moralité ; et où les sciences s’interpénètreraient, jouant au
jeu par lequel on voit le roc et l’eau fusionner comme des corps, jusqu’à donner corps à l’argile, aux sédiments, aux nutriments, et pour finir, à des enfants.
Vouloir diriger la nature, soit, encore faut-il, en préalable, s’élever à son Rang.
Et pour s’élever au Rang de la Nature, sans autres outils que leurs têtes, nos ancêtres avaient compris qu’il leur faudrait d’abord commencer par lui obéir. Autrement dit, qu’il leur
faudrait commencer par la comprendre, patiemment, en se laissant pénétrés par elle tout en se pénétrant de ses mobiles, jusqu’à se retrouver à côté d’Elle, assis à la table des Grands Éléments.
Or, aujourd’hui, l’Humanité en tant que force, en tant que puissance, est à ranger au Rang des grands éléments. C’est du moins mon sentiment lorsque j’écoute attentivement les
Savants :
L’homme n’a pas 6000 ans, mais 14 milliards d’années au moins.
Réinscrit dans cette perspective, Tout paraît s’éclairer d’une lumière nouvelle.
Lumière qui peut-être pourrait nous permettre de prendre nos vessies pour des vessies et les lanternes pour des lanternes.
Chouette !
Ce qui pourrait également signifier que loin d’être sur le déclin, l’Humanité se trouverait proche de sa maturité, et que par conséquent,
elle ne ferait que traverser la phase aigue de sa crise d’adolescence. Crise préfigurant le passage à l’âge adulte, instant crucial dans l’existence qui appel au dépassement de soit. Un
dépassement de soit qui seul permet d’atteindre à une nouvelle vision, plus vaste, plus profonde. C’est à cela que servaient certains rites de passage associés aux adolescents. Ils avaient pour
fonction de les saisir d’une façon telle, que cela déclenchait en eux, presque à coup sûr, ce phénomène particulier, unique, par lequel on est amené à faire l’Expérience de
l’Unité – dans toute sa gravitée, sertes – mais avec un tel sentiment de libération, que le mot Liberté n’était plus prononcé ensuite qu’avec parcimonie, déférence et humilité. Une
Humilité non feinte, qui seule possédait le pouvoir de donner accès aux conditions nécessaires, propices, au resurgissement de cette Expérience unique, de ce sentiment inouï, dont on sait
par instinct qu’il touche à quelque chose de fondamental, de Sacré. Un sentiment qui s’apparenterait au sentiment religieux, ou à celui, éprouvé par le chercheur et l’artiste, lorsque
inspirés il leur arrive d’êtres pris de vertiges, alors qu’ils effleurent du bout des doigts - l’Innommable - l’Incommensurable - l’œil vissé sur un microscope, un télescope… ou le regard perdu
dans le vide sidéral d’une page blanche.
LOL !
Nos enfants croiront avoir de l’imagination, mais ils n’auront que des réminiscences, écrivait Henri de Saint-Simon il y a quelques temps déjà, et d’ajouter à la même époque : Si la religion ne fut
qu’une « invention humaine » pourquoi l’humanité à venir ne s’inventerait-elle pas la religion d’un travail conçu désormais comme une mise au monde du monde, une recréation de la
création, une transformation de l’Histoire en ère messiaque et du Globe en Eden.
BIGRE !
J’étais venu écouter des scientifiques, je repartais la tête pleine de questions : métaphysiques, poétiques, esthétiques,
philosophiques, politiques, éthiques, plastiques, sociales, économiques...
Sacrée journée !
création graphique, Nicolas Voisin