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Le 19 Déc 2020 à 19:30:17

Le monde de l’investissement est-il sur le point d’être pris au piège d’Hannibal ?

Hannibal était considéré comme l’un des plus grands tacticiens et généraux militaires de l’histoire. C’était un maître de la stratégie et il infligeait régulièrement des défaites atroces à ses ennemis.

Le piège aujourd’hui tendu aux investisseurs présente de nombreuses similitudes avec la stratégie déployée par Hannibal lors de sa victoire sur les Romains au lac Trasimène, en 217 av. J.-C.

Hannibal était un général et un homme politique carthaginois (aujourd’hui Tunisie) qui a combattu avec succès les Romains lors de la deuxième guerre punique.

La bataille du lac Trasimène

En 218 av. J.-C., Hannibal conduit ses troupes, avec cavalerie et éléphants, à travers les Alpes et envahit l’Italie. En 217 av. J.-C., le Consul romain Flaminius et ses troupes se lancent à sa poursuite et le traquent jusqu’au lac Trasimène en Ombrie. Les Romains suivirent les troupes d’Hannibal dans une étroite vallée sur les rives nord du lac. Lorsque les troupes romaines pénétrèrent dans la vallée, elles furent prises au piège. Elles avaient les Carthaginois devant elles, le lac à leur droite et les collines à leur gauche.

Ce que les Romains ne savaient pas, c’est qu’Hannibal avait caché sa cavalerie légère et une partie de son armée dans les collines. Ainsi, une fois les Romains enfermés dans la vallée, ils furent attaqués des deux côtés sans possibilité de fuite.

Plus de 15 000 Romains furent tués et 10 000 furent capturés au cours de cette défaite retentissante.

Quel est donc le rapport entre Hannibal et le monde actuel ? Se faire entraîner dans un piège mortel sans même en avoir conscience.

Le covid a attaqué un monde déjà affaibli

Alors que nous nous rapprochons de la fin d’une ère économique, tout ce qui pourrait mal tourner, tournera mal. La crise sanitaire colle parfaitement au tableau, elle n’aurait pas pu frapper le monde à un pire moment. Que le Covid-19 ait été créé accidentellement ou délibérément par l’homme ou qu’il soit simplement venu de la nature, nous ne le saurons jamais.

Une chose est sûre, il a servi de détonateur pour une bombe à retardement. La bombe à retardement étant un système financier mondial sur le point d’exploser.

De grandes entreprises du commerce de détail, des loisirs, du voyage et les compagnies aériennes mettent la clé sous la porte quotidiennement et la plupart ne rouvriront plus jamais. Dans le monde, des centaines de milliers de petites entreprises ont été contraintes à fermer, ce qui a eu des conséquences dévastatrices pour leurs propriétaires.

La dépression à venir affectera tous les niveaux de la société.

La fortune des milliardaires a grimpé de 70% en trois ans

Au cours des trois dernières années, les 2 200 milliardaires de la planète ont vu leur fortune augmenter de 70%, soit 4 200 milliards $. Leur fortune cumulée s’élève aujourd’hui à 10 200 milliards $.

Ces milliardaires sont susceptibles de perdre au moins 90% de leur fortune, en termes réels, au cours des 5 à 10 prochaines années. Mais pas un seul d’entre eux ne s’attend à ce que cela se produise ou ne s’y prépare.

En ce qui concerne le nombre de millionnaires dans le monde, les estimations varient entre 13 et 46 millions. La flambée des prix de l’immobilier a clairement créé un grand nombre de nouveaux millionnaires.

La dette mondiale alimente la richesse mondiale

La richesse mondiale totale a été multipliée par presque trois depuis 1990, passant de 80 000 milliards $ à 225 000 milliards $.

Mais cette accumulation massive de richesses repose sur une base très fragile, constituée de dettes.

Il n’a été possible de tripler la richesse qu’en faisant plus que tripler la dette mondiale, qui est passée de 80 000 milliards $ en 1990 à 277 000 milliards $ aujourd’hui.

Le plus grand piège à richesse de l’histoire

Le monde n’a pas créé de richesse nette. Au lieu de cela, la richesse a été gonflée artificiellement par la création de crédit et l’impression de monnaie.

Je suis conscient que la dette mondiale totale et la richesse personnelle ne sont pas tout à fait comparables. Pourtant, cela donne une très bonne indication de la manière dont cette richesse supplémentaire est créée depuis 1990.

En effet, elle a été créée en imprimant 200 000 milliards $ au cours des 20 dernières années !

C’est de toute évidence le plus grand piège à richesse de l’histoire. Hannibal n’aurait pas pu faire mieux.

Les milliardaires, les millionnaires et les investisseurs ordinaires se sont tous fait prendre dans un pot de miel, croyant qu’ils possédaient une véritable fortune reposant sur des bases saines.

Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que dans les prochaines années, ils seront pris au piège d’un ennemi invisible.

Greyerz: Les gens vont tout perdre et les conséquences seront dévastatrices Egon Von Greyerz: « La plus grande destruction de richesse de l’histoire ne fait que commencer, ne manquez pas le dernier train pour l’or ! »

Cela impliquera dans un premier temps une dépréciation totale de la monnaie, qu’il s’agisse de dollars, d’euros, de livres ou de yens. Elles ne peuvent pas toutes s’effondrer les unes par rapport aux autres. Mais elles vont toutes chuter en termes réels, c’est-à-dire par rapport à la seule monnaie qui a survécu dans l’histoire – l’OR.

Avec l’effondrement des monnaies, nous assisterons très probablement d’abord à une hyperinflation. Cela pourrait temporairement stimuler les prix des actifs en termes nominaux, mais certainement pas en termes réels.

Il y aura également une implosion de la bulle de la dette et des bulles sur les marchés des actions, des obligations et de l’immobilier.

Barons voleurs

Les barons voleurs étaient des seigneurs féodaux dans l’Europe médiévale qui volaient les voyageurs et les navires marchands.

Le terme “Barons Voleurs” a commencé à être employé dans les années 1860 pour désigner certains entrepreneurs de l’époque qui utilisaient des méthodes peu scrupuleuses pour acquérir des richesses. La plupart d’entre eux ont lancé de nouvelles industries qui sont devenues dominantes dans leur secteur.

Parmi eux, Rockefeller (pétrole), Vanderbilt (chemins de fer), Carnegie (acier), Ford (automobile), Morgan (banque) et Astor (immobilier).

De grandes fortunes ont été générées par ces entrepreneurs et Rockefeller est toujours considéré comme l’homme le plus riche du monde (ajusté à l’inflation). Il est intéressant de noter que les secteurs dans lesquels ces millionnaires opéraient sont aujourd’hui tous des industries majeures, à l’exception des chemins de fer.

Les « Barons Voleurs » modernes : Bezos, Gates, Musk, Zuckerberg et Buffet opèrent dans des domaines diversifiés comme le commerce en ligne, la technologie, la construction automobile et les investissements/finance.

Valorisation fantaisistes

La grande différence entre les barons voleurs de la fin du XIXe siècle et ceux d’aujourd’hui réside dans la façon dont leur richesse est mesurée.

Il y a 150 ans, les valorisations étaient prudentes et les ratios cours/bénéfice des entreprises publiques étaient normalement inférieurs à 10 !

Aujourd’hui, Amazon possède un ratio cours/bénéfice supérieur à 90, celui de Microsoft et Facebook est à 30 seulement, et Tesla affiche un ratio c/b exceptionnel de 1 100 !

 

Toutes les plus grandes entreprises du monde sont extrêmement surévaluées avec des ratios c/b allant de 32 à 1 100 !

C’est ce qui arrive quand la principale stratégie économique des gouvernements et des banques centrales consiste à créer de l’argent à partir de rien et à utiliser ensuite ces fonds pour soutenir le marché boursier.

Une grande partie des 150 000 milliards $ de dettes créées depuis le début de la grande crise financière en 2006 n’est pas parvenue aux consommateurs ou à l’industrie, mais est restée dans les banques.

Ces sommes ont bénéficié aux investisseurs et ont été investi sur les marchés d’actifs, comme je l’ai montré dans le tableau richesse/dette plus haut dans cet article.

Le prix des actions est motivé par la liquidité et non par l’investissement dans la valeur

C’est donc la liquidité basée sur la dette qui fait principalement gonfler les marchés d’actifs. Cela crée des ratios c/b fantaisistes et des valorisations qui n’ont rien à voir avec celles observées lors de la croissance de l’industrie et de la finance il y a 150 ans.

C’est ainsi qu’on en revient à Hannibal, bien qu’il soit mort depuis 2200 ans.

Nous sommes confrontés à des problèmes majeurs et potentiellement fatals dans le système financier depuis septembre 2019. Et nous devons faire face à un virus qui a entraîné l’effondrement de grands pans de l’économie mondiale en raison de la gestion désastreuse des gouvernements. Mais en dépit de ces problèmes massifs, les marchés boursiers du monde entier affichent une forte croissance.

Le piège d’Hannibal

Nous ne sommes probablement pas au bout de l’explosion boursière, comme je l’ai expliqué dans un article récent sur le prochain DÉCOLLAGE ET EFFONDREMENT. Mais le marché finira par exploser, que ce soit dans quelques semaines ou quelques mois.

Avant que cela ne se produise, chaque investisseur, grand ou petit, qui dispose de réserves de liquidités se fera aspirer par le marché juste avant le sommet.

C’est le piège d’Hannibal. Tout le monde sera attiré par les actions au sommet du marché.

Et puis BANG ! Tout comme Hannibal a pris les Romains par surprise, un violent krach boursier fera de même pour les investisseurs.

Mais cette fois, ce ne sera pas comme en mars 2020 avec une reprise rapide. Bien sûr, la plupart des investisseurs achèteront à la baisse. Mais cela ne fera qu’empirer les choses. L’effondrement à venir marquera le début d’un marché baissier séculaire qui pourrait durer au moins 10 ans.

De la même manière qu’Hannibal a massacré les Romains, le marché baissier qui s’annonce frappera les investisseurs de plein fouet.

Les investisseurs pourraient très bien assister à une chute de plus de 90% en termes réels de tous les actifs de la bulle, des actions, des obligations et de l’immobilier. Là encore, « en termes réels » réfère au pouvoir d’achat constant et stable.

Le Dow va chuter de 97% en termes réels – Or

Le ratio Dow/Or est aujourd’hui de 15:1. En 1980, il était de 1:1. Le ratio a culminé en 1999 et la tendance à long terme est maintenant à la baisse, comme le montre le graphique ci-dessous.

La cible de ce ratio est de 0,5:1, ce qui signifie que le Dow devrait chuter de 97% par rapport à l’or dans les prochaines années.

Peu de gens croient qu’un déclin d’une telle ampleur soit possible.

Mais souvenez-vous que le Dow a baissé de 90% entre 1929 et 1932 et qu’il aura fallu 25 ans avant qu’il ne se rétablisse.

Cette fois, la situation est nettement plus défavorable, tant du point de vue de la dette que de la surévaluation des actions. Il n’est donc pas irréaliste d’envisager une chute de 95% ou plus.

L’histoire prouve que seul l’or permet de préserver la richesse en termes réels

Seul l’or remplit le rôle de préservation de la valeur en termes réels. L’histoire l’a prouvé à plusieurs reprises.

Une once d’or permettait à un homme d’acheter un beau costume à l’époque d’Hannibal, il y a 2200 ans, et c’est encore le cas aujourd’hui.

Les investisseurs qui ont été sauvés par les banques centrales pendant des décennies attendent la même chose aujourd’hui. C’est pourquoi ils continueront à investir et achèteront les creux, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus un sou.

Malheureusement, très peu d’investisseurs s’en sortiront avant de toucher le fond.

La plus grande destruction de richesses

C’est pourquoi nous assisterons à la plus grande destruction de richesses de l’histoire. Au lieu de 2 200 milliardaires aujourd’hui, le monde pourrait n’en avoir que 200 dans 5 à 10 ans (en monnaie actuelle).

Bien entendu, toutes les entreprises ne disparaîtront pas. Mais les revenus vont diminuer de façon drastique tandis que les ratios c/b continueront de s’effondrer.

 

Prenons une entreprise dont le cours actuel de l’action est à 300 $ et le bénéfice par action à 10 $.

Par conséquent, son ratio c/b est de 30 (30×10$=300$).

Si les bénéfices diminuent de 70% en cas de récession/dépression et que son ratio c/b passe à 5, la situation sera la suivante : b/a 3 $ x 5 c/b = 15 $ cours de l’action.

Cette entreprise continue donc à faire des bénéfices, bien que moins importants. Le cours de l’action est néanmoins passé de 100 à 15 $, soit une chute de 95%.

Des ratios c/b de 5 ou moins ne sont pas inhabituels en période de dépression/récession. J’en ai fait l’expérience dans les années 70. La même chose s’est produite dans les années 1930.

L’histoire, l’histoire et l’histoire

Encore une fois, comme je le souligne souvent, les meilleures leçons que nous tirons sont celles de l’histoire.

Tout le monde pense que « c’est différent aujourd’hui », mais je vous promets que ce n’est pas le cas. Presque tout ce que nous expérimentons aujourd’hui est déjà arrivé auparavant.

Ainsi, de grandes fortunes seront balayées dans les années à venir. D’autres fortunes seront faites dans des domaines comme les biens durables et l’industrie des ressources naturelles. Les métaux précieux feront partie des grands bénéficiaires.

Certaines banques privées suisses, comme Lombard Odier, ont conseillé à leurs clients d’ajouter de l’or à leurs portefeuilles au début de l’année. Très peu de gestionnaires de fortune sont aussi intelligents que les banques suisses vieilles de 200 ans.

Les actions minières devraient connaître une évolution spectaculaire lors de l’effondrement monétaire à venir, tout comme l’or et l’argent.

Mais le moyen ultime de préserver la richesse au cours des dix prochaines années est l’or et l’argent physiques détenus en dehors du système bancaire, comme le confirme l’histoire.

 

N’oubliez pas que les marchés peuvent toujours aller plus haut, même s’ils sont massivement surévalués.

Mais lorsque le risque est au maximum, l’investissement ne se résume pas à gratter le moindre profit. Il s’agit plutôt de protéger vos profits. Et vous ne pouvez pas y parvenir en restant entièrement investi dans des actifs surévalués.

Rappelez-vous que dans un marché baissier séculaire, tout le monde est perdant. Le secret est de minimiser ses pertes au maximum.

Source: or.frVoir les précédentes interventions d’Egon Von Greyerz