Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Par Antony P. Mueller

Le 1er août 2020 

Source Mises Institute

 

Le confinement à la suite de la pandémie de coronavirus a accéléré la mise en œuvre de plans de longue date visant à établir un soi-disant nouvel ordre mondial. Sous les auspices du Forum économique mondial ( WEF ), les décideurs politiques mondiaux préconisent une «Grande réinitialisation» dans le but d’installer une technocratie mondiale. Ce n’est pas par hasard que le 18 octobre 2019, à New York, le WEF a participé à l’«Event 201» lors de l’exercice de pandémie de «haut niveau» organisé par le John Hopkins Center for Health Security.

 

Cette technocratie à venir implique une coopération étroite entre les responsables de l’industrie numérique et les gouvernements. Avec des programmes tels que le revenu minimum garanti et la santé pour tous, le nouveau type de gouvernance combine un contrôle sociétal strict avec la promesse d’une justice sociale globale.

La vérité, cependant, est que ce nouvel ordre mondial de tyrannie numérique s’accompagne d’un système complet de crédit social [sorte de distribution de bons et mauvais points aux citoyens en fonction de leur soumission au système, NdT]. La République populaire de Chine est pionnière de cette méthode de surveillance et de contrôle des individus, des entreprises et des entités sociopolitiques.

Pour l’individu, son identité se réduit à une application ou une puce qui enregistre presque toutes ses activités personnelles. Afin d’obtenir quelques droits individuels, ne serait-ce que pour se rendre à un certain endroit, une personne doit trouver un équilibre entre ses privilèges apparents et sa soumission à un réseau de réglementations qui définissent en détail ce qu’est un «bon comportement» considéré comme bénéfique pour l’humanité et l’environnement. Par exemple, lors d’une pandémie, ce type de contrôle s’étendrait de l’obligation de porter un masque, de pratiquer la distanciation sociale jusqu’à l’acceptation de vaccinations spécifiques pour postuler à un emploi ou pour voyager.

C’est, en somme, un type d’ingénierie sociale qui est à l’opposé d’un ordre spontané de développement. Comme l’ingénieur en mécanique avec une machine, l’ingénieur social – ou technocrate – traite la société comme une matière première. À la différence des éliminations brutales pratiquées par le totalitarisme des temps anciens, l’ingénieur social moderne tentera de faire fonctionner la machine sociale toute seule selon la norme. Pour ce faire, l’ingénieur social doit appliquer les lois de la société comme l’ingénieur en mécanique suit les lois de la nature. La théorie comportementale a atteint un stade de connaissance qui rend possible les rêves d’ingénierie sociale. Les machinations de l’ingénierie sociale n’opèrent pas par la force brute, mais subtilement par coups de pouce.

Dans l’ordre envisagé par la Grande Réinitialisation, le progrès de la technologie n’est pas destiné à servir l’amélioration des conditions du peuple mais à soumettre l’individu à la tyrannie d’un État technocratique. «Les experts savent mieux» est la justification.

L’agenda

Le plan pour une refonte du monde est l’idée d’un groupe d’hommes d’affaires élitistes, de politiciens et de leur entourage intellectuel qui se réunissaient à Davos, en Suisse, en janvier de chaque année. Créé en 1971, le Forum économique mondial est, depuis lors, devenu un événement mondialement globalisé. Plus de trois mille dirigeants du monde entier ont assisté à la réunion en 2020.

Sous la direction du WEF, le programme de la Grande Réinitialisation indique que la fin de la transformation industrielle actuelle nécessite une refonte complète de l’économie, de la politique et de la société. Une telle transformation globale nécessite la modification du comportement humain et, par conséquent, le «transhumanisme» fait partie du programme.

La Grande Réinitialisation sera le thème de la cinquante et unième réunion du Forum économique mondial de Davos en 2021. Son ordre du jour est l’engagement à faire avancer l’économie mondiale vers «un avenir plus juste, durable et résilient». Le programme appelle à «un nouveau contrat social» centré sur l’égalité raciale, la justice sociale et la protection de la nature. Le changement climatique nous oblige à «décarboniser l’économie» et à mettre la pensée et le comportement humains «en harmonie avec la nature». Le but est de construire «des économies plus égalitaires, inclusives et durables». Ce nouvel ordre mondial doit être mis en œuvre «d’urgence», affirment les promoteurs du WEF, et ils soulignent que la pandémie «a mis à nu la vulnérabilité de notre système», qui manque de «cohésion sociale».

Le grand projet de réinitialisation du WEF est l’ingénierie sociale au plus haut niveau. Les partisans de la réinitialisation soutiennent que l’ONU n’a pas réussi à rétablir l’ordre dans le monde et n’a pas pu faire avancer par la force son programme de développement durable – connu sous le nom d’Agenda 2030 – en raison de sa manière bureaucratique, lente et contradictoire de travailler. En revanche, les actions du comité d’organisation du Forum économique mondial sont rapides et intelligentes. Lorsqu’un consensus s’est formé, il peut être mis en œuvre par l’élite mondiale partout dans le monde.

Ingénierie sociale

Ein Volk, le peuple lobotomisé, Ein Reich, la planète, Ein Führer, les gnomes de Davos

L’idéologie du Forum économique mondial n’est ni de gauche ni de droite, ni progressiste ou conservatrice, elle n’est pas non plus fasciste ou communiste, mais carrément technocratique [c’est à dire, de nos jours, carrémént fasciste,NdT]. En tant que telle, elle comprend de nombreux éléments des idéologies collectivistes antérieures.

Au cours des dernières décennies, le consensus s’est dégagé lors des réunions annuelles de Davos selon lequel le monde a besoin d’une révolution et que les réformes ont pris trop de temps. Les membres du WEF envisagent un bouleversement profond à court terme. Le laps de temps devrait être si bref que la plupart des gens se rendront à peine compte qu’une révolution est en cours. Le changement doit être si rapide et dramatique que ceux qui reconnaissent qu’une révolution est en train de se produire n’auront pas le temps de se mobiliser contre elle.

L’idée de base de la Grande Réinitialisation est le même principe que celui qui a guidé les transformations radicales des révolutions française, russe et chinoise. C’est l’idée du rationalisme constructiviste incarné par l’État [et de la création d’un robot homme nouveau, NdT]. Mais des projets comme la Grande réinitialisation laissent sans réponse la question de savoir qui dirige l’État. L’État, lui-même, ne régit pas. C’est un instrument de pouvoir. Ce n’est pas l’État abstrait qui décide, mais les dirigeants de partis politiques spécifiques et de certains groupes sociaux.

Les régimes totalitaires antérieurs avaient besoin d’exécutions massives et de camps de concentration pour maintenir leur pouvoir. Maintenant, avec l’aide des nouvelles technologies, on pense que les dissidents peuvent facilement être identifiés et marginalisés. Les non-conformistes seront réduits au silence en disqualifiant les opinions divergentes comme étant moralement méprisables.

Les confinements de 2020 pourraient bien offrir un aperçu du fonctionnement de ce système. Le confinement a fonctionné comme s’il avait été orchestré – et peut-être l’était-il. Comme s’ils suivaient un seul commandement, les dirigeants des grandes et des petites nations – et à différents stades de développement économique – ont mis en œuvre des mesures presque identiques. Non seulement de nombreux gouvernements ont agi à l’unisson, mais ils ont également appliqué ces mesures sans se soucier des conséquences horribles d’un confinement mondial.

Des mois de blocage de l’économie ont détruit la base économique de millions de familles. Parallèlement à la distanciation sociale, le confinement a produit un grand nombre de personnes incapables de prendre soin d’elles-mêmes par manque de l’essentiel. Premièrement, les gouvernements ont détruit les moyens de subsistance, puis les politiciens se sont présentés comme les sauveurs. La demande d’assistance sociale n’est plus limitée à des groupes spécifiques, mais est devenue un besoin des masses.

Autrefois, la prospérité de l’État dépendait de la peur de la guerre, maintenant elle dépend de la peur de la pandémie. Ce qui nous attend, ce n’est pas l’apparente convivialité d’un État-providence bienveillant et protecteur avec un revenu minimum garanti, des soins de santé et une éducation pour tous. Le confinement et ses conséquences ont apporté un avant-goût de ce qui est à venir : un état de peur permanent, un contrôle comportemental strict, des pertes massives d’emplois et une dépendance croissante à l’égard de l’État.

Avec les mesures prises à la suite de la pandémie de coronavirus, un grand pas en avant pour réinitialiser l’économie mondiale a été franchi. Sans résistance populaire, la fin de la pandémie ne signifiera pas la fin du confinement et de la distanciation sociale. Pour le moment, cependant, les opposants au nouvel ordre mondial de la tyrannie numérique ont toujours accès aux médias et aux plates-formes pour s’opposer. Pourtant, le temps presse. Les auteurs du nouvel ordre mondial ont senti l’odeur du sang. Déclarer le coronavirus une pandémie s’est avéré utile pour promouvoir le programme de leur grande réinitialisation. Seule une opposition massive peut ralentir et arrêter finalement l’extension de la prise de pouvoir par la technocratie tyrannique en plein essor.

Antony P. Mueller est un professeur allemand d’économie qui enseigne actuellement au Brésil. Écrire un e-mail <antonymueller@gmx.com>. Voir son site Web et son blog.

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :