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Yves Lévy était à la direction de l’Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) lorsque son épouse a été nommée ministre de la Santé, et c’est le Professeur Didier Raoult qui a lancé le cri d’alarme, dénonçant un possible conflit d’intérêt, alerte reprise par d’autres, (lien) qui, finalement a obligé Yves Levy à ne pas postuler à sa propre succession à la tête de l’Inserm. Lien

Sauf qu’il a été maintenu dans ses fonctions, en attendant que son successeur soit désigné... lorsque cela a été le cas, il a été nommé aussitôt conseiller d’état à titre exceptionnel, faisant lever une légitime colère chez les chercheurs. lien

Le professeur Raoult s’était en effet largement répandu dans les colonnes du Canard Enchaîné, dans lequel il soulignait « le conflit d’intérêt patent entre une décision ministérielle sur le statut des futurs IHU et la position similaire du PDG de l’Inserm », lequel était évidemment Yves Levy.

A l’époque, Agnès Buzyn affirmait que « la question serait réglée très vite », en précisant que son mari serait maintenu dans ses fonctions... ce qui, on le sait, n’a pas été le cas.

Puis c’est au mois de janvier 2020 qu’Agnès Buzyn décida de classer la chloroquine dans la catégorie des « substances vénéneuses »...

Or ce médicament est utilisé depuis des lustres pour soigner le paludisme, et comme on le sait, par, entre autres, le professeur marseillais.

Faut-il y voir une nouvelle brimade exercée contre Didier Raoult ?

Cependant cette guéguerre, indigne du corps médical, a commencé il y a plus longtemps.

En effet ce conflit larvé entre le professeur marseillais et le couple Buzyn/Levy vient en outre du fait que les IHU (Institut Hospitalo-universitaire) incarnent un modèle de recherche qui ne satisfait pas Yves Levy.

Du coup de surprenantes décisions avaient été prises : le 2 octobre 2017, Agnès Buzyn avait choisi de changer le statut des IHU qui était celui d’une fondation, en les transformant en GIP (groupement d’intérêt public), les privant du coup d’une partie de leurs crédits, ceux-ci passant de 400 à 200 millions.

D’aucuns ont vu dans ce geste la main du mari de la ministre... lequel voulait ramener les IHU dans le giron de l’Inserm, afin de mieux les contrôler.

On comprend mieux la colère de Didier Raoult, mais aussi celle de nombreux chercheurs.

Le professeur s’en était ouvert aux médias en déclarant : « les IHU sont un enjeu d’autorité et de territoire pour Yves Levy »... enfonçant le clou un peu plus tard : « Yves Levy donnait des ordres à tout le monde, il croit qu’il peut nous faire obéir. Les grands scientifiques n’obéissent à personne »...

Cette passe d’arme donnera finalement raison au professeur Marseillais, puisque le président du jury international des IHU, le suisse Richard Frackowiak en l’occurrence, avait présenté sa démission, (lien) scandalisé par ce changement du mode de gouvernance des IHU : « j’avais vu les liens entre le ministère et l’Inserm. J’ai alors présenté ma démission en défendant le modèle des IHU et les 200 millions qu’on nous prenait. Finalement j’ai obtenu gain de cause car leur position (celle de Levy/Buzyn ndlr) était intenable ».

Richard Frackowiak, s’exprimant dans les colonnes de « Marianne » expliquait : « ce que Didier Raoult défendait à l’époque face à Yves Lévy, c’était l’idée de centres d’excellence en dehors de Paris » ajoutant « ce pays (la France ndlr) a un problème depuis quelques années, pas avec moi, mais avec les stars en général. Il fait chier les bons. C’est un vrai problème. Moi je m’en fiche, ma cour de jeu n’est pas la France, mais le Monde ».

Comme l’écrit le journaliste Hervé Vaudoit dans son livre, (co-écrit avec l’ex ministre Philippe Douste-Blazy) « l’IHU méditerranée infection  » (éditeur Laffont) : « son IHU à peine inaugurée, il s’est ainsi affronté à Yves Lévy, (...) même s’il s’agit d’un des pôles de recherche les plus prolifiques du pays, Méditerranée Infection n’a pas le label Inserm. Pas plus qu’il n’a celui du CNRS, peu ou prou pour les mêmes raisons. Ce qui ne l’empêche pas de produire toujours de la bonne science. Et de donner aussi des aigreurs d’estomac à tous ceux qui aimeraient le voir trébucher, à Paris, mais aussi à Marseille, où son insolente réussite a toujours attisé les jalousies et entretenu les querelles de palais parmi les mandarins qui n’avaient ni son talent, ni ses capacité fédératrices, mais auraient adoré avoir ses moyens  ». lien

Les IHU ont donc pu conserver leur statut.

Quelque temps après, Le professeur marseillais s’est retrouvé au sein du collectif scientifique réuni par le gouvernement Macron au moment de la crise du coronavirus... jusqu’au 24 mars.

Ce jour-là, Didier Raoult s’est mis en retrait du Conseil Scientifique, expliquant : « ...nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes avec le conseil scientifique, qui souhaite attendre 6 semaines pour avoir les résultats des études cliniques sur la chloroquine... ».

Est-ce à la suite de ce coup d’éclat, ou pas, toujours est-il que, 2 jours après, le gouvernement, faisant volte-face à 180°, décidait finalement d’autoriser la chloroquine...dans certains cas...

C’est justement ces « certains cas » qui posent peut-être aussi problème.

Extrait de L’article 12-2  : « l’hydroxy-chloroquine et l’association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits...  » (lien)...or le professeur Raoult n’a pas préconisé cette association, et comme on peut le voir sur cette ordonnance : le plaquenil (chloroquine) est associé avec le zithromax... et non pas en association avec lopinavir/ritonavir...

Mais ce n’est pas tout.

Le Haut Conseil de santé publique recommande de n’utiliser la chloroquine que dans les cas sévères (lien) ... au grand dam du Professeur Raoult, car celui-ci a toujours martelé que ce médicament n’était efficace qu’au début de l’infection, et qu’il était inefficace lorsque les services sanitaires agissaient trop tard, pour les cas les plus graves.

Le feuilleton n’est hélas pas fini, puisque le 28 mars, le Conseil d’Etat a bloqué la solution chloroquine pour soigner le virus, décrétant qu’il fallait attendre le résultat de l’opération lancée le 11 mars au niveau européen, portant sur plus de 3000 patients (lien)...soit attendre au moins 10 jours de plus, 10 jours pendant lesquels, le virus pourra continuer à semer la mort.

En effet, suite aux recours déposés par plusieurs associations de soignants, lesquels avaient demandé, entre autres, l’autorisation pour les médecins et les hôpitaux d’administrer de la chloroquine, le conseil d’état les a refusé. lien

Tout cela donne le sentiment d’un énorme gâchis !

Entre les millions de masques annoncés régulièrement, et qui ne sont toujours pas là, ou qui arrivent au compte-goutte, tout comme le matériel sanitaire nécessaire, les respirateurs, les équipements de protection, le personnel médical sous payé, et au bord du burn-out, le manque cruel de lits, l’énorme retard pris au sujet du dépistage, la chloroquine bloquée par le Conseil d’Etat, et l’affirmation du 1er ministre, lequel affirme droit dans ses bottes menaçant « je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du retard sur la prise de décision s’agissant du confinement », (lien) la colère des français ne porte-t-elle pas plutôt sur la gestion catastrophique de l’épidémie, en choisissant le confinement au lieu du dépistage systématique, mais aussi sur les décisions contradictoires, les atermoiements ?

Dès le 23 mars, le 1er ministre avait annoncé la couleur : « nous n’allons pas autoriser la mise sur le marché de la chloroquine  » (lien) avant de l’accepter par décret, puis d’en laisser la responsabilité au corps médical. lien

A découvrir une compil des mensonges du ministre de la santé...et la liste des hôpitaux qui suivent le « protocole Raoult ».

La demande récente de l’ex-ministre Philippe Douste-Blazy d’un nouveau décret autorisant la chloroquine ne semble pas avoir troublé ce gouvernement. lien

Comme disait un internaute sur les réseaux sociaux, « on assiste à la 1ère guerre entre scientifiques qui fait 500 morts par jour ».

Mais pour ne pas finir sur une note trop pessimiste, découvrons quelques solutions originales trouvées pour pallier au cruel manque de masques.

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Comme dit mon vieil ami africain : « quand les éléphants se battent, c’est toujours l’herbe qui est écrasée ».

L’image illustrant l’article vient de publicsenat

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

 

 
 
 
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